
Le blog musical c'est entendu nous a offert tout au long de la coupe du monde une alternative musicale aux Vuvuzelas et autres braillements de commentateur en manque de sensation forte. Ils sont aujourd'hui là pour vous proposer leur choix pour les deux finales. C'est parti.
Commençons donc par la petite finale : entre un Klose à seulement un but du record de but marqués en coupe du monde par Ronaldo, et le retour d’un Suarez qui a su conquérir le public uruguayen par son sauvetage miraculeux, la rencontre Allemagne – Uruguay aura tout d’un match de gala. L’album The Power Out (2004) d’Electrelane pourra illustrer les attentes aussi nombreuses que diverses du public devant ce match : une revanche teutonne, un continent sud-américain récompensé, un record qui tombe ou un magnifique geste de Forlan, tout est possible et cette profusion d’événement saura suivre les styles multiples qui se mêlent avec grâce dans ce petit chef d’œuvre venu d’un timide quatuor féminin anglais.
Mais, il ne faut pas se mentir, l’ambiance sur la pelouse sera très lourde, l’aspect « finale des perdants » réduisant les enjeux, mais c’est sans compter sur deux nations aux caractères bien trempés qui feront tout pour éviter la médaille en chocolat. Toujours ce jeu défensif et rugueux du côté de l’Uruguay, et aucune raison de voir les allemands se démobiliser complètement après un beau parcours. Collant aux à coups de ce match dans lequel le ballon ne risque pas de tourner en rond au milieu du terrain, le premier album survolté des Liars, They Threw Us All In A Trench And Stuck A Monument On Top (2002) saura suivre le rythme effréné d’un jeu qui, pour les deux équipes, tient avant tout à une projection rapide vers l’avant. La bande d’Angus ne vous laissera d’ailleurs pas non plus le temps de vous reposer entre deux riffs sur le fil du rasoir.
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Et maintenant, la Finale. Ce match très offensif sur le papier risque fort, à l’image du match des Espagnols contre l’Allemagne, de se jouer sur un faux rythme, à la fois lent dans sa construction mais rapide dans ses mouvements. Du côté des Espagnols, c’est toujours le collectif qui fera la travail, avec un jeu fluide qui sait où il va sans pour autant tomber dans la démesure : une efficacité qui va de l’avant, héritière de la tradition barcelonaise, qui n’a peur de rien, rappelant par là la nébuleuse alchimie qui brillait chez Wire en 1978 quand nos quatre punk arty décidaient de révolutionner le concept de post-punk avec un album clé de voute pour toute une génération de musiciens en manque d’expérimentation pop : Chairs Missing. C’est huilé, puissant et absolument passionnant à écouter, et l’on espère sincèrement voir la même chose sur le terrain.
De l’autre côté du terrain, c’est presque par magie que l’on voit se dresser des hollandais qui ont réussi à se faufiler jusqu’à ce niveau de la compétition, partis de rien mais peut être pas forcément en route vers ce même rien non plus. C’est sur leurs 4 attaquants fétiches que l’équipe se basera, jouant sur des individualités fortes qui devront chacune tenter de s’exprimer avec force. Ca ne vous rappelle rien ? 1968, les 4 Beatles décident de faire comme si les autres n’existaient pas et enregistrent une pierre angulaire du rock qui n’est finalement que la réunion bordélique de 4 albums solos, laissant exprimer le côté malade et primal de Lennon, l’ambiance douce et bonne enfant de la musique de McCartney, la création sobre et délicate d’Harrison et le côté pataud quoique très gentil de Ringo. C'est sur ce festival magique de chansons parfaites qu'on a surnommé l'album blanc que s'achèvera la compétition, en espérant que cette bande son magnifique et surpuissante puisse parachever en beauté un mondial épique.
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