Uruguay - France : rien de 9

Equipe de France : analyse des matchs

Les Bleus sont entrés dans le tournoi en concédant un match nul logique au terme d'une rencontre qu'ils ont globalement  maitrisée face à une équipe uruguayenne aussi bien organisée que craintive. Si tout fut loin d'être parfait, mais la prestation plutôt convaincante livrée par les Bleus rassure.

La fiche du match

Composition Uruguay Composition France 

Avertissement : M.Victorino (59ème), E.Arevalo Rios (65ème), N.Lodeiro (67ème et 81ème) et D.Lugano (90ème) pour l'Uruguay - P.Evra (12ème), F.Ribéry (19ème) et J.Toulalan (68ème) pour la France
Expulsion : N.Lodeiro (81ème)
Changements : N.Lodeiro remplace N. Gonzalez (63ème), S.Abreu remplace L. Suarez (74ème) et S. Eguren remplace D. Perez (88ème) pour l'Uruguay - T. Henry remplace N. Anelka (72ème), F. Malouda remplace Y. Gourcuff (75ème) et A-P. Gignac remplace S. Govou (85ème)

Le film du match

"Le début de match sera rassurant si on part fort" : Arsène Wenger enfonce les portes ouvertes dès la prise d'antenne, c'est bon signe. De notre côté, on constate que Richard Gasquet est capitaine de l'Uruguay, il va donc falloir se méfier de son revers.
12ème - Image Patrice Evra fait une obstruction volontaire sur Diego Perez pour annihiler un contre uruguayen, il récolte un carton jaune.
19ème - Image Carton jaune Ribéry
59ème - Image Carton jaune Victorino
63ème - Image Lodeiro remplace Gonzalez
65ème - Image Carton jaune Rios
67ème - Image Carton jaune Lodeiro, qui se signale juste après son entrée.
68ème - Image Carton jaune pour Toulalan sur un tacle estampillé "Bayern-Lyon 2010"
72ème - Image Nicolas Anelka est remplacé par Thierry Henry. Pas un seul tir cadré pour Anelka ce soir encore, et cela fait 384 minutes que ça dure.
74ème - Image Abreu remplace un Suarez assez peu inspiré
75ème - Image Gourcuff cède sa place à Malouda
81ème - Image Deuxième carton jaune pour Lodeiro pour un tacle en retard sur la cheville de Sagna.
85ème - Image Govou est remplacé par Gignac
88ème - Image Eguren remplace Diego Perez, on veut garder le score côté sud-américain
90ème - Image Carton jaune pour Lugano qui proteste auprès de l'arbitre.

La possession de balle, un truc de Bordelais.
La possession de balle, un truc de Bordelais
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La playlist du match

A l'envers et contre tous

Utopistes que nous sommes, on essaie de se convaincre que des joueurs d'une équipe nationale se retrouvent tous derrière la même bannière tricolore et font fi de leurs ressentiments envers certains partenaires. Dans le cas contraire, ils assument ces états d'âmes et refusent de progresser à leurs côtés, comme Wayne Bridge l'a fait avec John Terry en Angleterre.
Mais on doit bien admettre que la réalité actuelle de l'équipe de France rattrape bien vite ce doux rêve et lui fait un joli doigt d'honneur.

Ainsi, d'après de nombreux médias, et sans jamais avoir été démenti par les joueurs ou l'encadrement alors que le sujet est pourtant lourd, certains Bleus n'arriveraient pas à s'entendre avec un autre, poussé sur le devant de la scène et idolâtré par le jeune public depuis près d'un an (Gourcuff). Sans chercher les causes d'un tel désamour (on évoque les différences d'origine sociale, des jalousies médiatiques, etc), on peut surtout se désoler que des joueurs, surnommés "cadres", ne soient pas capables de remettre en cause de tels sentiments au profit d'une unité indispensable à la vie d'un groupe et aux résultats d'une équipe. Car c'est bien là qu'est la principale conséquence: cette mésentente rejaillit sur le terrain et rend stérile chacune des performances des Bleus.
Contre l'Uruguay, on a pu voir plusieurs fois ce soir Nicolas Anelka disposer de balles de contres intéressantes. Placé assez haut lors de ces phases, Gourcuff a toujours essayé de proposer une solution proche du Londonien. Peu importe ! Il n'a jamais reçu la balle, qui se perdait alors dans un des huit pieds uruguayens entourant Anelka après un énième crochet inutile. On a vu Gourcuff lever les bras au ciel, montrer sa déception. On a voulu croire que la prochaine serait la bonne. En vain.
Même chose côté gauche, Ribéry déborde, mais bien bloqué revient en arrière; deux solutions : Evra en retrait, ou Gourcuff à 20 mètres, face aux buts. Décision : passe à Evra.
Autres situations : Gourcuff en possession du ballon cherche une solution. Il est entouré de partenaires peu en mouvement. Aucun de ceux-ci ne va le prévenir qu'un Uruguayen est derrière lui, prêt à lui prendre le ballon. Résultat: une action offensive gâchée, qui lui sera évidemment imputée par Larqué et consorts.
Le problème, et les supporteurs girondins le savent bien, c'est que Gourcuff n'est pas connu pour être un joueur de grand caractère (preuve en est sa deuxième partie de saison 2009/2010 très quelconque), et a besoin de se sentir important dans le jeu de l'équipe. En étant mis de côté à ce point, sa confiance diminue et sa partie de ce soir, malgré un bon début, est le symbole même de cette perte de résonance.

La conséquence de cette histoire risque pourtant de satisfaire ces "stars" de l'équipe de France puisque les prestations du meneur bordelais de plus en plus décevantes vont surement amener Domenech à revoir le choix de ses hommes avec un éventuel retour de Malouda à la place de Gourcuff.

Franck Ribéry en pleine réflexion
"J'appuie sur la pédale gauche, puis j'appuie sur la pédale droite et pour tourner, j'oriente le guidon.
OK, ça a pas l'air plus compliqué à conduire que le bus du Bayern
."

Les Bleus

Lloris : étrangement inquiétant sur une longue balle en profondeur captée en deux temps, il n'a pour le reste pas été plus inquiété que ça. Il a bien capté le seul ballon chaud de la deuxième période sur un coup-franc vicieux de Forlan.
Sagna : libre de tout pressing uruguayen, il a souvent porté le danger dans la partie adverse. Il a su profiter du travail sans ballon de Govou et Anelka pour centrer souvent de manière intéressante. Dommage que l'entente avec le Lyonnais n'ait pas été meilleure pour créer plus de décalages car on l'a senti très en jambes. Défensivement, il n'a pas vraiment été inquiété, gérant assez bien le cas Forlan.
Gallas : face à ce diable de Forlan, il avait fort à faire. Mais il a bien tenu, hormis sur la seule occasion uruguayenne de la première période sur laquelle l'attaquant l'a enrhumé d'un superbe crochet. Pour le reste, il a su gérer les longues balles en profondeur sans trop de difficultés. Rassurant.
Abidal : voilà le match qu'il nous manquait pour être certain que ce poste lui allait bien. Il a parfaitement tenu sa place, ne perdant aucun duel avec l'attaquant adverse. Sérieux.
Evra : si son cht'i compère du côté gauche a surtout brillé par son incapacité à créer le danger, le latéral de Manchester a su relever le niveau en se montrant très offensif, disponible, et même dangereux. On peut regretter le manque de solutions offensives de qualité devant lui car le capitaine français a tout fait pour indiquer la marche à suivre. En revanche, son agressivité aurait pu lui coûter très cher tant il a semblé proche de l'exclusion après une vilaine faute sur Suarez.
Toulalan : on se demandait encore si ce rôle de sentinelle était fait pour lui, on aura désormais du mal à en douter. Il s'est dépensé sans compter : tantôt milieu défensif, tantôt latéral, tantôt ailier, il a ramassé un paquet de ballons et a toujours tenté de jouer vers l'avant. On regrette toujours qu'il ne soit pas un peu plus près de la surface adverse pour créer un danger de plus, mais son rôle premier étant de défendre, on aurait du mal à lui en vouloir.
Diaby : voir par ailleurs.
Gourcuff : si ses deux premières frappes (dont un superbe coup-franc) ont semblé le mettre en confiance, il a finalement peu à peu perdu le fil du match. Il a manqué de caractère et s'est effacé devant le refus de Ribéry et Anelka de le trouver en position intéressante. Du coup, il a raté presque toutes ses frappes et a traversé la deuxième période de manière très quelconque. Remplacé par Malouda, il semble dans une position délicate tant ses prestations ne sont que trop rarement convaincantes. Reste que son abnégation, sa dévotion et son envie de bien faire sont indiscutables.
Govou : malheureusement pour lui, beaucoup se souviendront de cette occasion en or loupée dès le début du match. Il pourra aussi en vouloir à Anelka de lui avoir chiper un ballon de but, alors que ce dernier était en position de hors-jeu. Pourtant son match n'a pas été des plus mauvais:  il s'est beaucoup battu pour limiter les montées de son vis-à-vis et a permis à Sagna de monter en attirant le défenseur gauche adverse. Il n'a par contre plus été une seule fois en situation dangereuse de tout le reste du match. Remplacé par Gignac qui a essayé d'être plus présent dans la surface adverse, en vain.
Ribéry : un débordement chanceux (ballon contré par le défenseur uruguayen), et puis... plus rien ! Alors certes, son adversaire l'a surveillé de très près, mais on l'avait rarement vu aussi maladroit. Pour un joueur dont la technique est si souvent louée, cela fait désordre. De plus, il n'a jamais fait les bons choix offensivement. On retiendra toutefois qu'il a lui aussi plutôt bien bloqué les montées du (timide) latéral adverse.
Anelka : à nouveau titularisé en pointe, on a une fois encore été déçu. Trop rarement en position dangereuse, il a en outre gâché des balles de contre intéressantes par excès d'individualisme. De plus, son refus systématique de jouer avec Gourcuff n'est pas là pour sauver sa copie. Remplacé par Henry qui a raté la balle de match en envoyant un coup-franc intéressant dans le mur uruguayen.

Diaby, déjà indispensable ?

Dans le 4/3/3 tel que mis en place par Domenech dernièrement, on avait vu Malouda prendre le poste de relayeur gauche. Pour ce match contre l'Uruguay, le sélectionneur français a surpris son monde en repassant à un 4/2/3/1, ce qui a eu pour incidence de reléguer le guyanais sur le banc au profit d'Abou Diaby, qui avait déjà impressionné à chacune de ses entrées en jeu. Le joueur de Chelsea payant peut-être son "embrouille" avec Raymond (on a envie de douter de l'importance de l'incident), le Gunner devait donc prouver qu'il pouvait assumer ce rôle de titulaire.
En réalité, en voyant le match, on peut se demander si ce remplacement n'est pas somme toute logique.
D'un point de vue offensif et conservation du ballon, Diaby a tout simplement été exemplaire : jouant sans cesse vers l'avant, attirant vers lui plusieurs joueurs adverses pour créer le décalage, créant lui-même le surnombre autour de la surface, il a été le seul milieu offensif convaincant de la soirée.
Mais cela, Malouda avait également réussi à le faire. Alors, qu'est-ce qui distingue les deux joueurs londoniens?
Pour répondre, il faut envisager la question d'un point de vue défensif. Lorsque l'équipe de France ne possède pas le ballon, Diaby recule d'un cran (Gourcuff passant alors n°10) pour se retrouver au même niveau que Toulalan.
Pas gêné par ce poste de milieu défensif, Diaby a rassuré par son impact physique à la récupération et dans sa vision du jeu qui lui a permis de couper bon nombre de trajectoires de balles. Cette assurance a surtout aidé les bleus à retrouver une assise défensive, poussant les Uruguayens à systématiquement éviter le milieu de terrain en envoyant de longs ballons vers Suarez ou Forlan.

Cette "révélation" risque finalement de causer du tort à Yoann Gourcuff qui a semblé bien pâle à côté de lui et qui pourrait ainsi perdre sa place au profit de Malouda dont le niveau reste toujours appréciable pour le sélectionneur.

Les Celestins

Muslera : "trop" bien protégé par sa défense pour que l'on se fasse une idée sur son vrai niveau. On retiendra tout de même sa belle intervention sur le coup-franc de Gourcuff.
A. Pereira : il a bien tenu Govou et Anelka lorsque celui-ci s'excentrait. En revanche, il s'est retrouvé parfois isolé lors des montées de Sagna, peu aidé par ses attaquants qui ne pressaient pas les latéraux tricolores.
Lugano : le capitaine de la Céleste a parfaitement dirigé ses partenaires, sans pour autant rester les fesses derrière la ligne des 18 mètres. Il a démontré une grande assurance et beaucoup d'expérience dans cette défense.
Godin : placé un peu plus haut, le central gauche a bien couvert les timides tentatives d'Anelka. Il a en outre bien suppléé son latéral.
Victorino : voir Godin.
Gonzalez : malheureusement pour lui, le jeu de son équipe consistait à sauter le milieu de terrain pour trouver rapidement Forlan et Suarez. Il n'a pas touché beaucoup de ballons intéressants mais a surtout tenté de proposer une solution courte aux nombreux décrochages de Forlan.
M. Pereira : on lui avait sûrement prédit le pire avec Ribéry, mais ce latéral droit l'a parfaitement assumé en ne laissant jamais plus de quelques mètres au joueur de Munich. En revanche, on ne peut pas dire qu'il ait particulièrement brillé offensivement.
Rios : un peu plus offensif que Diego Perez, il a montré des qualités intéressantes en transmettant le ballon proprement et rapidement. Il n'a pas ménagé ses travaux défensifs pour autant.
Perez : le joueur que les habitués de la Ligue 1 connaissent le mieux. On l'a retrouvé comme on l'avait laissé : hargneux, parfois violent, il est pourtant un joueur exemplaire d'abnégation et de courage. Il n'a jamais baissé jamais de rythme, et a offert un premier rideau défensif très intéressant pour cette équipe uruguayenne.
Suarez : on l'annonçait comme un très grand, il faudra alors lui laisser une seconde chance, tant il a semblé en peine ce soir. Lourd, maladroit, et surtout totalement inoffensif. On regardera toutefois le prochain match de l'Uruguay pour comprendre pourquoi ce joueur a fini meilleur buteur aux Pays-Bas.
Forlan : il avait offert l'Europa League à l'Atletico à lui seul il y a un mois ; ce soir, il a à nouveau tenu le jeu offensif de son équipe à lui seul. Infatigable, diablement dangereux, intelligent et surtout doté d'une technique raffinée, on a vu ce soir ce qu'un grand attaquant peut offrir comme relief à son équipe. On est un peu jaloux, oui.

Les remarques dispensables

- C'était donc ça, la "terrible" équipe uruguayenne qui a atomisé les ogres suisses et les colosses israéliens ?
- Finalement, en remplaçant Recoba par Forlan, on a assisté au même match qu'en 2002. Non, nous ne sommes pas des oiseaux de mauvais augure.
- Des micros dignes du paddock de Monza, des bruits de F1 pendant 90 minutes, un ballon qui tourne en rond : merci à TF1 de nous rappeler que c'est le week-end des 24h du Mans.

Commentaires (3)
  • Yoan  - Hum ?
    Je vous trouve étonnamment positifs. Je vous lis depuis des années, et je crois que c'est la première fois que je suis autant en désaccord avec un de vos papiers. Je ne vois pas trop ce qu'on peut trouver de rassurant dans une équipe qui a encore montré qu'elle jouait sans attaque. Votre titre le rappelle pourtant bien. Le groupe est tellement faible que ça passera certainement, mais au vu de la situation, j'en suis à me dire qu'il faudra encore attendre que Gallas marque du dos.
  • Samuel.P  - Inquiétant
    Moi j'ai trouvé inquiétant le match de ces joueurs : - Govou - Ribéry - Anelka - et Gourcuff. Pourquoi ne pas titulariser, directement Djibril ou André Pierre à la place de Nico ?. Sinon vos "commentaires" d'images toujours aussi bon !!!
  • cypos
    "les commentaires d'images" : tu veux dire les légendes des photos ? ;-) Bon papier, une fois de peluche. Cette stérilité récurrente des attaquants français et surtout la volonté à tout crin de vouloir maintenir la même compo match après match me fait flipper à un point !! Mais que fait encore Anelka dans le 11 de départ ??? C'est pour la confiance que Domenech refuse de le remettre à sa bonne place (le banc) ?? Qu'a fait Djibril pour que Ray' lui fasse si peu confiance depuis le début de la préparation ? Il a envoyé un cht'i texto trop love à Estelle lui aussi ? Sacré Djib' ! C'était sur les conseils de MPokora ??
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